intelligence émotionnelle
Émotions

Prendre la bonne décision grâce à l’intelligence émotionnelle

Depuis les années 90, des recherches scientifiques sont menées sur l’influence des biais cognitifs sur la prise décision. Ces études étaient alors essentiellement portées sur les domaines de la finance, du commerce et du management.

Prendre les bonnes décisions

Dans ces théories, on retrouve généralement une focalisation négative de l’influence des émotions dans la prise de décision : les émotions génèrent des biais décisionnels qui impactent la réelle efficacité de nos décisions.

 On prend des décisions pour satisfaire nos besoins du moment plutôt que d’opérer des choix qui maximiseraient notre situation dans le temps.
Ainsi, si les émotions sont à l’origine de biais décisionnels, ne serait-il pas possible de corriger ces mêmes biais grâce au déploiement de l’intelligence émotionnelle ?

Pour répondre à cette question, nous nous sommes entre autres appuyés sur la passionnante recherche INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE ET PROCESSUS DE DÉCISION publié en mars 2011.

1 - L’intelligence émotionnelle

L’intelligence émotionnelle est un concept qui a été largement médiatisé par Daniel Goleman, psychologue américain, en 1998 dans son best-seller « l’Intelligence Emotionnelle », où le concept est adapté au contexte de la vie au travail. 

Néanmoins, avant cette étendue au grand public, des articles scientifiques et des publications académiques avaient déjà vu le jour depuis 1990 et l’on peut considérer que Salovey et Mayer, tous deux psychologues également, sont les fondateurs du concept d’intelligence émotionnelle. 

Les études en la matière portent à la fois sur les questions de définitions et de mesures de l’intelligence émotionnelle, mais également sur son impact dans la performance au travail, le leadership ou les décisions.

2 - Mesurer l'intelligence émotionnelle

– Utiliser ses émotions dans la résolution des problèmes

– Evaluer ses propres émotions

– Gérer ses propres émotions

– Evaluer les émotions chez les autres

Les 4 dimensions de l'intelligence émotionnelle

3 - Goleman et
l'intelligence émotionnelle

Goleman a médiatisé le concept dans un contexte d’activité de travail en l’articulant autour de 2 familles de compétences (personnelles et sociales), 5 grands facteurs (la conscience de soi, l’autorégulation, la motivation, l’empathie et les compétences sociales) et 25 compétences émotionnelles.

Les compétences émotionnelles personnelles

Les compétences émotionnelles personnelles sont celles qui dépendent de nous.

La conscience de soi

– Savoir reconnaître ses émotions et leurs effets

– Connaitre ses forces et ses limites

– Etre sur(e) de ses valeurs et de ses capacités

La maîtrise de soi

– Gérer les émotions et les impulsions

– Se montrer honnête et intègre en toutes circonstances

– S’acquitter de ses tâches de manière responsable

– Faire preuve de souplesse devant les changements

– Etre à l’aise avec les approches, les idées et les informations nouvelles

La motivation

– Effort pour atteindre un niveau d’excellence ou pour s’améliorer

– Savoir épouser les objectifs du groupe ou de l’entreprise

– Etre prêt(e) à saisir les opportunités

– Poursuivre ses objectifs avec ténacité malgré les obstacles et les déconvenues

Les compétences émotionnelles sociales

Les compétences émotionnelles sociales sont celles qui dépendent de nos interactions avec les autres.

L'empathie

– Capter les sentiments et les points de vue des autres et éprouver un intérêt réel pour leur souci

– Anticiper, reconnaitre et satisfaire les besoins des autres

– Sentir les besoins et les carences des autres et stimuler leurs capacités

– Savoir concilier les sensibilités différentes pour mieux saisir les opportunités

– Savoir déchiffrer les flux émotionnels sous-jacents d’un groupe et ses relations de pouvoir

Les aptitudes sociales

– Savoir employer une technique efficace pour persuader

– Inspirer et guider les groupes et les gens

– Savoir initier ou gérer des changements

– Savoir négocier et résoudre les conflits

– Savoir cultiver des relations utiles

– Travailler avec les autres à des objectifs communs

– Créer une synergie de groupe au service d’objectifs communs

compétences émotionnelles

4 - Prendre la meilleure décision

En 2005, selon Grennwich, qui consacre une partie de ses recherches à la finance comportementale, les biais sont distinguables selon 4 types.

5 types de biais émotionnels décisionnels sont particulièrement étudiés dans la littérature. Ceux sont également autour de ces biais que la recherche sur l’intelligence émotionnelle est menée :

L’aversion à la perte : on préfère éviter une perte plutôt que de gagner quelque chose

Le manque de flexibilité cognitive : on a du mal à adapter les processus cognitifs (capacité d’apprentissage par exemple) en fonction de conditions environnementales nouvelles

Le biais d’optimisme : on pense que notre avenir sera meilleur que le passé et / ou meilleur que celui des autres

L’erreur de conjonction : on fait erreur en associant plusieurs éléments d’une information pour la traiter ce qui biaise le jugement sur une situation

Le biais de sur-confiance : on surévalue nos propres compétences et connaissances

A la lecture de ces 5 biais émotionnels on entrevoit assez simplement et logiquement en quoi ils peuvent impacter nos décisions. Et l’intérêt de corriger ces biais pour prendre de meilleures décisions, c’est-à-dire des décisions pour optimiser sa situation plutôt que de satisfaire un besoin courant immédiat.

5 - Corriger les biais du cerveau

Les auteurs de « L’intelligence émotionnelle et processus de décision » ont souhaité s’interroger sur l’interaction entre l’intelligence émotionnelle et la prise de décision. 

Ils suggèrent l’hypothèse que l’intelligence émotionnelle contribue à l’optimisation des fonctions cognitives puisqu’elle participerait à formuler des choix plus efficients en corrigeant l’influence des biais décisionnels.

 Formuler cette hypothèse amène à penser que l’intelligence émotionnelle rendrait donc plus intelligent puisqu’elle permettrait d’accroitre nos capacités cognitives.

Pour mesurer l’intelligence émotionnelle les auteurs se sont basés sur les travaux de Schutte en 1998, et utilisent une approche auto évaluative à l’aide d’un questionnaire réalisé à partir d’études validées scientifiquement, de 33 items, issus de la conceptualisation de l’intelligence émotionnelle d’après la définition de Salovey et Mayer en 1990.

Si vous êtes intéressé(e) par ce test et que vous souhaitez le réaliser nous vous invitons à le télécharger gratuitement en renseignant votre adresse mail en fin d’article.

Les auteurs émettent donc 5 hypothèses directes :

Plus l’intelligence émotionnelle est élevée plus elle diminue …

L’aversion à la perte

… La flexibilité cognitive

… L’optimisme

… L’erreur de conjonction

… La sur-confiance

les effets de l'intelligence émotionnelle sur le cerveau humain

6 - Les biais décisionnels

En effet, la recherche confirme dans un premier temps l’intérêt de l’intelligence émotionnelle pour corriger des biais décisionnels. Elle apporte d’autre part des précisions en indiquant quelle dimension de l’intelligence émotionnelle agit sur tel ou tel biais.

  • Savoir gérer ses propres émotions permettrait de limiter l’aversion à la perte
  • Utiliser ses émotions pour la résolution d’un problème permet d’augmenter la flexibilité cognitive
  • Evaluer ses propres émotions limiterait le biais de sur-optimisme

... mais tout n’est pas si simple

En revanche l’étude nous apprend également que plus la flexibilité cognitive augmente, plus le biais d’optimisme augmente également. Evaluer ses propres émotions et évaluer les émotions chez les autres augmente l’erreur de conjonction. En outre, aucun facteur ne semble avoir d’influence sur le biais de sur-confiance.

Ce n’est donc pas tout de savoir mettre en œuvre son intelligence émotionnelle. En effet, les différentes dimensions de l’intelligence émotionnelle peuvent très bien tendre à corriger un biais, mais elles peuvent aussi en augmenter d’autres, ou ne pas avoir d’impact comme dans le cas du biais de sur-confiance.

On comprend alors que l’intelligence émotionnelle n’est pas une recette magique car d’une façon ou d’une autre notre cerveau à une tendance naturelle pour les raccourcis.

l'intelligence émotionnelle et les biais décisionnels

Comment prendre de meilleures décisions ?

En attendant que les recherches continuent d’avancer à ce sujet, on vous invite déjà à utiliser ces connaissances pour vous aider dans vos prises de décisions.

Réaliser l’auto-évaluation de Shutte vous permettra de situer votre niveau d’intelligence émotionnelle et de mieux comprendre ce que vous pouvez corriger.

L’intelligence émotionnelle est une constituante essentielle pour prendre du recul face à une situation ou un évènement et d’y répondre de la meilleure façon pour soi et les autres.

Notre cerveau va vite, très vite, parfois trop vite … La prise de recul pour observer une situation avec neutralité permet de rationnaliser sa décision.

Même si la question du « bon ou mauvais choix » continue de perdurer au vu de sa complexité, réfléchir à deux fois, observer la situation d’un autre point de vue, analyser ce que l’on ressent sont autant d’analyses logiques et efficaces qui permettent de mieux entrevoir une situation dans sa globalité et d’y répondre en ayant considéré tous les enjeux !

Bref, de quoi faire des choix un peu plus éclairés ! 

Alors on ne s’en prive pas ! 🤓

Je télécharge gratuitement le test sur l’intelligence émotionnelle