développer son empathie
Émotions

Comment développer son empathie ?

L’empathie on en entend beaucoup parler dans nos relations sociales. On peut avoir une empathie particulièrement développée ou à l’inverse on peut aussi parfois cruellement manquer d’empathie. Pourquoi cruellement ?

Parce que l’empathie c’est ce qui nous permet de nous mettre à la place de l’autre et de faire preuve de compassion, des compétences sociales indispensables pour le bien vivre ensemble. On vous dit tout pour développer son empathie dans cet article.

1. Petite définition de l’empathie

L’empathie c’est ce qui nous permet de nous identifier dans ce que ressentent les autres. Elle nous permet de nous mettre à la place des autres et nous aide ainsi à faire preuve de compassion. La compassion est une compétence émotionnelle sociale indispensable.

En effet, sans compassion il est plus difficile d’avoir des relations sociales stables et variées, c’est-à-dire que l’on aura tendance à favoriser le même type de relation avec le même type de personne, avec en conséquence l’accentuation de nos biais cognitifs.

Le manque d’empathie et de compassion nous fait agir de manière unilatérale puisqu’on ne comprend pas ce que les autres – ressentent / vivent. Cela amène à terme à un manque de solidarité, caractérisé le plus souvent aussi par un excès d’égoïsme, nuisible pour les autres mais aussi pour nous-même.

Pour développer son empathie, il est déjà nécessaire de comprendre comment elle fonctionne !

2. Les neurosciences pour expliquer le fonctionnement inné de l’empathie

Pour expliquer le fonctionnement de l’empathie, il est intéressant de s’appuyer sur les neurosciences. Des études dans les années 2000 ont permis de mettre en évidence les effets des neurones miroirs. Les neurones miroirs sont des neurones particuliers qui nous permettent de nous représenter les sentiments que ressentent autrui.

Dans le cas d’une douleur par exemple, lorsque nous voyons une personne souffrir, notre cerveau reproduit par messages électriques la douleur que nous observons.

Ces neurones reproduisent en miroir ce que nous voyons pour nous aider à mieux nous représenter ce qui est bon, dangereux, mauvais …

Ce groupe de neurones est indispensable dans les apprentissages, par exemple, car ceux sont eux qui nous permettent de faire du mimétisme et d’apprendre de cette façon.

Dès lors est-ce seulement la qualité des neurones miroirs et de leurs réseaux nerveux électriques qui suffisent à développer son empathie ?

3. Le fonctionnement cognitif, une pièce du puzzle indispensable pour développer son empathie

Nicolas Danziger, neurologue du département de neurophysiologie clinique et consultation de la douleur dans le groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière à Paris a réalisé des études passionnantes à ce sujet et nous en apprend plus pour développer son empathie.

En effet, le Dr. Danziger a réalisé une étude entre autres, qui met en évidence une limite à la théorie des neurones miroirs comme seuls responsables de l’empathie. Dans le cas de la douleur par exemple, les neurones miroirs ne sont pas les seuls à intervenir pour faire preuve d’empathie.

En montrant des images représentatives de douleurs à des individus insensibles à la douleur – pour des causes génétiques – ces derniers peuvent tout de même se représenter la douleur d’autrui.

Pour cela ces individus font appel à leur réflexion cognitive et au langage non verbal – ou corporel. La représentation visuelle d’une expression, une mimique, un son – qui font partie des différents aspects du langage non verbal – dans un contexte de douleur ressentie par autrui, permet aux individus insensibles à la douleur de se la représenter quand même, et de faire preuve d’empathie.

L’empathie semble donc aussi bien résulter de nos neurones miroirs que d’un effort de réflexion cognitif qui nous permet d’identifier les messages non verbaux et à l’aide du contexte de se représenter si une situation est agréable, douloureuse, étonnante … pour autrui.

4. L’égo : l’ennemi de choc pour développer son empathie

Pour développer son empathie, l’ennemi numéro est l’égo. L’égo signifie étymologiquement « moi, je ». Lorsqu’on s’intéresse à la définition de l’égo, il s’agit de la représentation que nous avons de nous-même.

L’égo c’est aussi un processus qui nous permet de nous « séparer » du reste du monde et de conscientiser les expériences que nous vivons. L’égo est donc une représentation de nous-même que nous avons construit au cours de notre développement personnel.

Or, si notre égo souffre de blessures émotionnelles, il aura tendance à accentuer nos biais cognitifs. Ces biais résultant la plupart du temps de réactions « réflexes » ou « automatisées » de notre cerveau, nous empêchent de changer de point de vue et de développer notre intelligence émotionnelle.

Pourtant, l’intelligence émotionnelle est indispensable pour parvenir à se mettre à la place de l’autre, pour mieux comprendre ce que l’autre ressent, et comment l’aider ou éviter d’aggraver sa situation.

Pour développer son empathie il est donc indiqué de commencer par d’abord s’interroger sur son égo, en soignant ses blessures émotionnelles d’abord, et en développant son intelligence émotionnelle ensuite.

5. L’intelligence naturaliste : idéale pour développer son empathie plus facilement

Autre outil de développement personnel pour développer son empathie, développer son intelligence naturaliste. L’intelligence naturaliste est liée à la perception de la nature et des éléments qui la compose, mais aussi à la perception de son environnement. Plus l’intelligence naturaliste et développée, moins les individus sont soumis à la peur.

Et la peur c’est aussi un ennemi de l’empathie. Parfois ce qui nous empêche de nous mettre à la place de l’autre, c’est tout simplement la peur. Le stress ressenti lorsqu’on a peur peut nous faire agir de différentes manières, notamment par la fuite.

Ainsi, si une situation nous fait peur par effet miroir car on observe une situation chez autrui qui nous fait ressentir de la peur, on va avoir tendance à « fuir » le problème pour éviter un stress.

Combattre ses peurs est donc indispensable pour développer son empathie et se sentir réellement concerné(e) par ce qui arrive aux autres.

Passer du temps dans la nature aide à combattre ses peurs, à développer sa proprioception – le sens de se repérer dans l’espace – et à se sentir plus fort(e) mentalement. Précisément ce dont on a besoin pour faire preuve d’empathie dans toutes les circonstances sociales.

Peut-on vraiment aider quelqu’un à développer son empathie ?

L’empathie est indispensable. Elle nous aide à avoir des relations saines et positives avec les autres car elle nous permet de faire preuve de compréhension, de compassion. Elle nous rend aussi plus intelligent(e) pour nous-même et aide à se protéger.

En effet, avoir un sens aigüe de l’empathie permet de développer sa sensibilité au contexte, une des caractéristiques neurologiques émotionnelles nécessaires pour une personnalité bien construite et équilibrée.

Pour autant on peut aussi souffrir du manque d’empathie d’un proche et avoir envie de l’aider à développer son empathie. Dans un prochain article on vous donne nos meilleurs conseils pour faire face à cette problématique.