dépasser la honte
Émotions

Dépasser la honte : 3 conseils efficaces

La honte est une émotion négative particulière. Cette émotion est rattachée au dégoût. Sur la roue des émotions de Plutchik, le dégoût est une des 8 émotions principales et ses émotions secondaires sont l’aversion et l’ennui. L’ennui ici peut-être comparé à la gêne, l’aversion est le dégoût poussé à son max, quand quelque chose nous répulse.

La honte c’est le dégoût de soi-même, un conflit douloureux qu’il faut apprendre à résoudre pour éviter cette émotion négative qui a tendance à nous enfermer dans des schémas peu valorisants. La pudeur nous empêche d’exprimer la honte et dépasser la honte peut s’avérer plus compliqué que si on doit le faire pour une autre émotion négative.

Dans cet article où vous explique comment on ressent la honte et quel est le schéma émotionnel de cette émotion. Puis on vous donne 3 conseils pour dépasser la honte et apprendre à faire de vos échecs des réussites.

Identifier la honte

Physiquement, lorsque nous ressentons du dégoût, notre lèvre supérieure se retrousse et le nez se plisse. Cela semble refléter une tentative primitive pour fermer les narines à une odeur désagréable ou recracher un aliment toxique. Quand quelque chose nous dégoute, on cherche physiquement à s’en protéger par réflexe.

Dans les relations sociales, avec les autres, la honte a plutôt tendance à nous pousser à nous cacher ou fuir… le regard des autres. La honte est émotion sociale. Elle est le résultat d’une auto-évaluation de notre propre comportement dans un contexte social : on a honte de soi quand on enfreint une norme sociale au regard des autres.

Le fonctionnement émotionnel de la honte

Cette émotion sociale n’implique pas de façon systématique une volonté de déclencher un comportement réparateur et contrairement à la culpabilité qui nous centre sur l’autre, la honte est une émotion beaucoup plus centrée sur soi.

On culpabilise par rapport à l’autre, alors qu’on a honte de soi – ou pour les autres mais dans ce cas ce n’est pas de nous dont il s’agit, contrairement à la culpabilité ou il y a bien une interaction avec l’autre (on culpabilise car on se sent responsable vis-à-vis de l’autre).

La honte est une émotion qu’on peut particulièrement ressentir lorsqu’on souffre d’une blessure émotionnelle de rejet ou une blessure d’humiliation. Ces blessures émotionnelles ont tendance à nous enfermer dans des schémas de honte, soit en réalisant soi-même des actions qu’on trouve honteuses, soit en s’entourant le plus souvent de personnes qui vous nous ramener à un sentiment de honte.

La honte est une émotion qui touche à notre égo car il est mis à mal dans les situations où on ressent cette émotion. L’égo exerce une influence très forte sur nous. Il participe à nous enfermer dans nos masques de protection.

Les réactions provoquées par l’activation des blessures, autrement dits nos masques, tendent à nous faire croire et à faire croire aux autres que nous ne souffrons de rien et l’égo se charge de nous le confirmer !

Difficile alors de « regarder » en face les situations où on a été amené(e) à ressentir de la honte. Mais heureusement, cette émotion comme toutes les autres se gère avec un peu d’entrainement émotionnel.

Nos 3 conseils émotionnellement intelligents pour dépasser la honte

Pour démêler les mauvais schémas émotionnels et dépasser la honte, on vous donne 3 conseils à suivre dans cet ordre 🤓

1. Accepter la honte

La première chose à faire pour dépasser la honte, c’est d’abord d’accepter toutes les situations où on a été confronté(e) à cette émotion. Et comme on vous l’a expliqué juste au dessus, avec l’égo ce n’est pas si simple.

La honte peut être une émotion tellement douloureuse, qu’il peut être difficile de la prendre en considération en soi ou de la « regarder en face ». Accepter d’avoir honte signifie accepter – et être capable – de mettre son égo de côté pour observer les situations de la vie avec un œil extérieur et noter celles où on a effectivement ressenti de la honte.

Pour accepter d’avoir honte, il faut accepter de se tromper et de faire des erreurs. Comme on vous l’a dit, la honte est une émotion sociale qu’on ressent du fait du regard de l’autre. Le message de honte nous explique que quelque chose n’a pas été adapté dans notre comportement par rapport aux autres.

Et on a le droit de se tromper, de s’égarer, de « riper » dans une situation où il n’aurait pas fallu le faire et comme vous allez le voir dans cet article, on n’est jamais responsable à 100% de sa honte.

Chez ES&L on aime bien pratiquer le 50 – 50, c’est-à-dire partir du principe qu’il y a toujours une moitié du problème qui est de notre responsabilité, et une partie qui n vient pas de nous. Alors rassurez vous et acceptez les situations où vous avez rougit ou eu envie de « renter dans votre coquille » et à la place notez les sur une feuille. Vous allez comprendre pourquoi ensuite.

2. Prendre du recul et relativiser

Comme la honte est une émotion sociale, elle est liée à soi, puisqu’elle nous plonge dans « jugement » de nous-même, aux autres, puisque c’est le regard des autres qui nous renvoi à notre sentiment de honte et enfin à un contexte, puisque le contexte va également influencer l’intensité à laquelle on ressent cette émotion. En effet, selon le déroulé d’une situation, le contexte peut venir aggraver ou amoindrir une situation où l’on ressent de la honte.

Maintenant, vous allez faire une analyse rationnelle de ces situations. Face à chacune des situations de honte que vous avez pu ressentir, notez en face :

  • les faits exacts qui sont à l’origine de votre malaise, que s’est-il passé ? qu’avez vous fait ? qu’avez vous exactement ressenti ?
  • l’attitude des autres face à ces faits – ont ils ri, les avez-vous vu se moquer de vous, faire des eyes contacts entre eux, ou bien avez vous juste observé que physiquement ils semblaient avoir une « répulsion » vis-à-vis de vous ? Serait-ce des personnes dont vous vous étiez vous-même moqué auparavant, il y avait il un historique de tension avec ces personnes, d’autres problématiques sous-jacentes dans votre relation avec eux – elles ?
  • le contexte – au travail, à la maison, dans la rue, dans les transports… ou cette situation s’est-elle déroulée ?
prendre du recul pour dépasser la honte

Et maintenant que tout est posé, vous pouvez relativiser. Êtes vous le – la seul(e) responsable de la situation ? Non, les autres à travers leurs attitudes le sont aussi. En effet, d’un point de vue de l’intelligence émotionnelle, se moquer est un signe flagrant de manque d’intelligence.

Ce type de réaction ne sert socialement à rien et les personnes qui se moquent le font car elles sont renvoyées à leurs propres faiblesses qu’elles ne gèrent malheureusement pas bien.

La moquerie, directe ou détournée, n’a aucune utilité hormis de « prendre un ascendant » sur l’autre ou de se débarrasser de ses propres hontes en les projetant ouvertement – ou non – sur quelqu’un d’autre que soi. Sinon on communique, on averti, on explique …

Les personnes qui se sont moquées de vous manquent donc cruellement d’intelligence émotionnelle, alors cette émotion de honte est-elle à 100% de votre responsabilité ? Vous voyez bien que non.

Maintenant que votre système émotionnel est rassuré – car vous avez accepté d’assumer le sentiment de honte en vous et que votre égo l’est aussi – car il sait que tout n’est pas de votre faute, on peut passer à notre conseil suivant pour dépasser la honte.

3. Développer la conscience de soi et des autres

Maintenant que vous êtes face à tous cela, de nouvelles émotions vont apparaître. Vous allez pouvoir ressentir de la culpabilité – du remords – ou bien de la colère – avec un fort sentiment d’injustice, si ce n’est les deux.

En effet, le petit exercice que vous venez de faire en suivant nos deux premiers conseils vous amène de façon un peu simplifié à ces deux émotions. Dans le cas où vous estimez après une analyse rationnelle que votre comportement n’était pas adapté et vous avez « foiré » – ce qui n’est absolument pas grave on le rappelle puisque cela arrive à tous le monde – vous allez très probablement ressentir de la culpabilité.

Bonne nouvelle quand vous êtes à l’étape culpabilité, cela signifie que vous avez commencé à dépasser la honte 🙌 La culpabilité active l’aire cérébrale où se trouve le cortex cingulaire antérieur ventral. Cette région est associée à notre capacité de planifier des réponses adaptées.

Quand on culpabilise on cherche à réparer ce qu’on considère comme notre faute. Le déclenchement de comportements réparateurs est ce qui distingue la culpabilité de la honte.

Cette culpabilité est indispensable pour ne pas reproduire une situation dans laquelle nous estimons que nous n’avons pas eu le comportement adapté et changer va alors nous permettre de nous protéger de situations sociales qui nous dévalorisent.

La culpabilité est donc utile pour devenir moins vulnérable en développant nos capacités d’adaptation.

Vous allez sinon pouvoir ressentir de la colère – avec un fort sentiment d’injustice face à des situations où vous estimez que les autres sont plus responsables que vous de l’apparition de votre sentiment de honte.

Dans ce cas cela signifie très probablement que vous souffrez d’une blessure émotionnelle car si vous trouvez autour de vous des personnes malveillantes, c’est que vous n’avez pas assez d’estime de vous pour en trouver des bienveillantes.

Ce constat un peu brut et simplifié ici est peut être un signal d’alerte qui vous indique que vous n’êtes pas sur la bonne trajectoire dans votre vie personnelle ou professionnelle. Il est donc indispensable de vous libérer des mauvais schémas que vous avez probablement mis en place à votre insu.

Dépasser la honte, c’est accepter, relativiser et corriger nos schémas pour se protéger

Vous l’avez compris, la honte est une émotion qui se lie au sentiment de colère, ou à la culpabilité, en plus d’être une émotion qui touche notre égo et le pousse à nous faire fuir la situation plutôt qu’à l’affronter. Or c’est bien souvent dans ce type de fonctionnements que l’on rend une situation pire que ce qu’elle ne l’était au départ.

Soit parce qu’on ne va pas corriger un comportement inadapté que nous avons, ou bien parce que nous risquons de nous enfermer dans un schéma de victime face aux autres, une réponse à la honte qui peut conduire directement aux situations de harcèlement.

La honte est une émotion douloureuse qui s’analyse avec du recul et du calme. Pour arriver à mieux gérer cette émotion on vous invite également à pratiquer le yoga ou la méditation. En effet, ces deux activités modifient l’activité cérébrale et nos connexions neuronales. Elles nous aident à prendre du recul et à changer nos comportements plus facilement, alors pourquoi s’en priver ?

Vous voulez en apprendre plus pour dépasser la honte ?

On vous propose de regarder cette vidéo particulièrement instructive à propos de ce sentiment, diffusée sur France 5 dans l’émission « Les questions de santé ».