comment contrôler ses émotions
Émotions

Contrôler ses émotions est-ce possible ?

Les émotions guident nos actions et nos réactions. Parfois on peut même avoir le sentiment que ce sont elles qui prennent le dessus. Ainsi, nous cherchons tous(tes) des moyens pour parvenir à contrôler nos émotions. Mais peut-on réellement contrôler ses émotions ? Les émotions sont elles apprivoisables ?

Pour vous aider à ensoleiller votre vie, on aborde avec vous dans cet article tout ce que vous devez savoir pour contrôler ses émotions, ou du moins pour faire en sorte que ce ne soit plus seulement elles qui contrôlent votre trajectoire.

Comment fonctionnent les émotions ?

Tous les êtres vivants perçoivent des émotions, car celles-ci sont à la base de la survie. Nous interagissons avec le monde extérieur et notre environnement en partie grâce aux émotions que nous ressentons. La première façon pour un organisme de percevoir le monde extérieur provient de ses sens.

Les sens sont reliés au système nerveux, à la moelle épinière et ainsi au cerveau. Lorsque nos sens perçoivent une information, l’organisme se met en route pour traiter cette information et produire une réponse.

Lorsque nos sens perçoivent un stimuli (un élément extérieur qui met en éveil un ou plusieurs sens), nos émotions interviennent aussi. Nos sens nous permettent de « capter » les informations qui nous entourent. Les émotions viennent en quelque sorte traduire ces informations selon notre identité personnelle, notre histoire personnelle. Le tout est transmis au cerveau sous forme de messages nerveux électriques afin d’opérer à une réponse. Les émotions servent, de façon très imagée, à traduire le message personnellement, pour nous-même.

Prenons par exemple deux personnes qui marchent dans la rue, elles entendent la même musique qui résonne depuis un coin de rue. Les sens de ces deux personnes fonctionnent jusqu’à là de la même façon : les vibrations du sons viennent faire vibrer les cellules ciliées présentes dans les oreilles et intensifient les mécanismes de l’audition, ces deux personnes entendent ainsi la musique.

Maintenant admettons que chez l’une des personnes, cette musique évoque des souvenirs douloureux personnels, alors que chez l’autre personne cette musique fait écho à de bons souvenirs. Les émotions déjà présentes à propos de cette musique vont venir « personnaliser » le message du son entendu en fonction de l’histoire personnelle de chacun et ainsi les amener à avoir probablement des réponses différentes (l’une pourrait se rapprocher de la musique alors que l’autre pourrait s’en éloigner).

De l’émotion à l’action

Le cerveau est un peu le chef d’orchestre de notre organisme. Lorsqu’il perçoit une information, c’est-à-dire une stimulation électrique issue de nos sens et de nos émotions, il orchestre nos réponses physiques, physiologiques et psychologiques.

Les messages électriques nerveux envoyés au cerveau sont, là encore en simplifiant, « réceptionnés » par nos neurones, connectés être eux par les synapses, elles-mêmes chargées de faire circuler l’information entre les neurones.

Les neurones, motoneurones et neurotransmetteurs génèrent ensuite nos réponses physiques, physiologiques et psychologiques. Si je vois un danger mes neurones vont activer les mécanismes hormonaux du stress, je vais ainsi réagir plus vite et de manière plus concentrée, plus ciblée pour faire face au danger. Pourtant ce même danger et l’activation des mécanismes du stress pourraient aussi très bien me faire répondre par la fuite en m’éloignant le plus possible du danger.

Dans cet exemple on constate en effet que l’action qui fait suite à l’émotion peut être différente chez une même personne. Mais qu’est-ce qui fait qu’on agisse d’une façon plutôt qu’une autre ?

pourquoi contrôler ses émotions

Comprendre la mémoire émotionnelle pour contrôler ses émotions

Lorsque nous avons été déjà confronté(e) à une situation, notre cerveau a emmagasiné des informations « de causes à effets ». Les causes sont les situations auxquelles nous sommes confrontées et pour lesquelles notre organisme doit opérer à une réponse. Les effets sont les mécanismes hormonaux que notre cerveau va déployer suite à la réponse que nous avons opéré.

Par exemple je suis confronté(e) à un danger que j’ai déjà rencontré : Lorsque j’avais rencontré ce danger que je ne connaissais pas, sous l’effet du stress, mon cerveau avait enclenché une réponse (= la cause). Admettons que cette réponse m’avais permis(e) de faire face au danger. Mon cerveau avait alors activé les mécanismes des circuits de la récompense (= l’effet). J’ai ressenti en suivant un sentiment de confiance, de sécurité. Le cerveau a alors enregistré que la réponse était la bonne et probablement la meilleure pour moi, pour faire face à ce danger.

Je suis maintenant reconfronté(e) à ce danger. Dès lors la mémoire émotionnelle s’en mêle. Elle sert à aider le cerveau à analyser avec le plus de rapidité possible la situation pour l’aider à décider de la meilleure réponse à produire. Puisque ma première réponse à ce danger avait été perçue par mon cerveau comme une « réponse utile », ma mémoire émotionnelle va éviter au cerveau de perdre un temps de « réflexion » en lui confirmant que la bonne réponse était celle qui avait été déjà faite.

Admettons maintenant que la première fois où j’ai été confronté(e) à ce danger, je n’ai pas pu y faire face et que j’avais opéré une réponse par la fuite. La fuite a permis alors une réponse positive car elle m’a éloigné(e) du danger. Mais ainsi, mon cerveau n’enregistre pas que je suis en mesure d’être confronté(e) à ce danger et d’y faire face. Il est très peu probable que lorsque j’y sois confronté(e) à nouveau, je réponde en y faisant face.

La mémoire émotionnelle est donc utile pour faire gagner du temps au cerveau et pour nous rappeler ce qui est bon pour nous ou pas. Mais cette mémoire émotionnelle nous prive aussi un peu de notre libre arbitre émotionnel dès lors que l’on a déjà été confronté(e) à une situation, puisque par reflexe elle aura tendance à nous faire répondre à chaque fois de la même façon.

Pourtant, face à une situation je pouvais être dépourvu(e) de réponse à un moment de ma vie mais être en mesure d’y faire face à un autre moment. Une réponse pouvait être celle qui me convenait à un moment mais ne plus être la « réponse utile » à un autre moment.

Pour aider la mémoire émotionnelle à s’adapter aux changements de nos vies, il est indispensable d’analyser avec du recul ses schémas émotionnels. Les comprendre aide :

  • à mieux anticiper ses réactions
  • à mieux se protéger pour éviter les mauvaises réponses émotionnelles
  • à apaiser ses blessures émotionnelles pour ne plus reproduire de mauvais schémas de fonctionnement

Contrôler ses émotions semble donc indispensable, mais est-ce réellement possible ?

Contrôler ses émotions, une histoire de volonté ?

Dès lors on peut être tenté de se dire que contrôler ses émotions n’est qu’une simple histoire de volonté. Je décide de devenir courageux(se) alors je vais affronter tous les dangers, je décide d’être zen alors plus rien ne me fera me mettre en colère, je décide d’être heureux(se) et j’aurai tout le temps le sourire. Cette volonté mentale est indispensable car elle nous permet de nous guider et de garder le contrôle de ce que l’on veut être, de ce que l’on projette pour soi-même.

Or la volonté arrive environ 10 secondes après que le cerveau ait déjà ordonné une réponse. Et oui, le quatuor sens- émotion – cerveau – système nerveux est bien plus rapide que notre volonté. Penser que l’on peut contrôler ses émotions grâce à la volonté est donc un leurre. Un leurre dangereux puisqu’il peut nous mettre en danger, nous faire prendre une trajectoire qui n’est pas la bonne pour nous, et à minima nous éloigner du bien-être.

Contrôler ses émotions ne signifie pas ne pas les écouter et les analyser. Au contraire, ignorer ses émotions est même le meilleur moyen de ne jamais parvenir à les gérer. Pour contrôler ses émotions il faut savoir les accepter, les analyser. Comprendre ses émotions est le meilleur moyen de les contrôler car cela permet petit à petit d’adopter de nouveaux réflexes et de changer peu à peu nos réponses émotionnelles.

contrôler ses émotions comment ça marche

Comment contrôler ses émotions ?

Ainsi pour contrôler ses émotions, le premier axe consiste à interpréter ses émotions, il s’agit en quelque sorte de devenir un(e) pro de vos émotions. Pour cela il faut fonctionner en entonnoir en partant de la cause (une situation qui vous impacte et qui est généralement facile à identifier) en décomposant progressivement les mécanismes émotionnels sous-jacents :

  • Je choisis une situation pour laquelle je sais que j’ai ressenti un sentiment positif / négatif
  • Je me questionne sur les ressentis émotionnels de ce sentiment positif / négatif (j’ai ressenti de la honte, de la joie, de la peur, du dégoût … pour vous aider n’hésitez pas à consulter notre article sur la roue des émotions)
  • Je me questionne pour savoir si cette situation me fait ressentir une des 5 blessures émotionnelles (rejet, abandon, injustice, trahison, humiliation)
  • Je liste maintenant mes actions ou mes réactions en réponse à cette situation
  • J’identifie ensuite selon les actions ou réactions que j’ai eu : 1) Quelles sont les émotions que je ressens vis-à-vis de moi-même suite à ma façon d’agir ? 2) Quels sont les impacts réels et concrets de ma réaction sur la situation ?
  • Je me questionne enfin pour savoir si ma réponse a pu provoquer une blessure émotionnelle chez l’autre / les autres

Prenons un exemple de la vie personnelle :

  • J’ai un ressenti négatif car nous nous sommes disputé avec mon(ma) conjoint(e)
  • Je suis en colère et je suis triste
  • Je me sens rejeté(e) car le motif de cette dispute est récurrent et que mon (ma) conjoint(e) ne semble pas vouloir améliorer la situation. Je trouve cela injuste car je fais beaucoup d’effort pour notre relation.
  • Je me suis énervé(e) contre mon(ma) conjoint(e) et je lui ai fait des reproches sur le ton de la méchanceté car j’étais excédé(e)
  • 1) J’ai honte car je n’aime pas être méchant(e), je suis apaisé(e) car j’ai pu exprimer ce qui n’allait pas de mon côté. 2) Cela n’a rien arrangé, ce sujet est toujours un sujet de tensions.
  • Certaines de mes phrases ont pu lui faire ressentir que j’abandonnais notre relation, il (elle) a pu ressentir une forme de rejet de ma part.

Prenons un exemple de la vie professionnelle :

  • J’ai un ressenti négatif car un(e) collègue de travail au même poste que moi a obtenu une prime sur salaire alors que moi non
  • Je suis en colère et cette situation me stresse
  • Je trouve cela injuste car je pense que je m’investie plus que mon(ma) collègue et je me sens trahi(e) par mon(ma) collègue qui n’a pas pris ma défense à ce sujet
  • J’ai demandé calmement une explication à mon(ma) responsable et je n’ai pu m’empêcher de partir en faisant ressentir du mépris vis-à-vis de mon(ma) collègue de travail
  • 1) Je suis frustré(e) car je ne pouvais pas répondre à mon(ma) responsable ce que j’avais vraiment sur le cœur et je trouve toujours cette situation injuste 2) La conversation avec mon(ma) responsable m’a quand même rassuré(e) sur le fait que mon travail n’était pas remis en cause / ma réaction vis-à-vis de mon(ma) collègue va probablement générer des tensions
  • Mon(ma) collègue a pu se sentir rejeté(e) par ma réaction ou il (elle) a pu me trouver injuste car il (elle) n’est pas responsable de la décision des primes sur salaire

Ce petit exercice est applicable à absolument toutes les situations de la vie et c’est un moyen idéal pour se confronter de manière constructive à ses émotions. Trouver les causes à ses comportements émotionnels est la solution la plus efficace pour « réparer » ses blessures émotionnelles et ne plus se sentir pris(e) en otage par ses émotions.

Cette méthode permet aussi d’anticiper une situation pour y répondre de la meilleure des manières par la suite. Réaliser comment fonctionnent nos schémas émotionnels personnels est indispensable pour contrôler ses émotions et arriver à les gérer durablement.

Elle aide aussi à prendre mieux conscience des émotions des autres. Un aspect crucial en matière d’intelligence émotionnelle car sans prise en considération profonde des émotions des autres on ne peut pas améliorer et changer ses réactions émotionnelles. Ne pas observer notre propre impact sur les émotions des autres rend enclin(e) à faire grandir de manière disproportionnée son égo et l’estime de soi. Dès lors les interactions sincères et profondes dans la vie sociale deviennent en réalité presque impossibles, ce qui ne manquera pas de générer des émotions négatives en cascade.

comment contrôler ses émotions

Pour contrôler ses émotions :

Pour parvenir à contrôler ses émotions il est donc indispensable :

  • De comprendre le fonctionnement des émotions
  • De saisir l’importance de leur rôle sur notre bien-être
  • D’observer leurs influences sur nos actions, réactions et nos choix
  • D’identifier et d’analyser ses émotions pour se connaître
  • De connaitre ses blessures émotionnelles et de les régler
  • De comprendre et accepter les émotions des autres

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