comment gérer la colère en toutes circonstances
Émotions

Comment gérer la colère en toutes circonstances ? (2/2)

Dans le premier volet de notre article, on vous expliquait les rouages de la colère car comprendre et accepter l’émotion de la colère est le meilleur moyen pour parvenir à la gérer. Dans ce deuxième volet, on vous parle de situations plus concrètes de la vie du quotidien pour que vous sachiez comment gérer la colère en toutes circonstances et sans que cela ne vous nuise.

Pour chacun des contextes, on vous indique que faire si vous ressentez de la colère, ou si vous devez faire face à la colère d’autrui. Un mode d’emploi éclair à utiliser en toutes circonstances pour gérer la colère et que ce ne soit plus elle qui vous gère.

Comment gérer la colère au travail ?

Les cas de figure liés à l’émotion de la colère au travail sont délicats car il est souvent plus difficile de s’exprimer librement dans un contexte d’activités professionnelles. La pression est plus importante et selon les entreprises dans lesquelles on travaille, la part accordée aux émotions peut être limitée voire inexistante, ce qui peut amplifier les ressentis liées à la colère.

Ainsi, comment gérer la colère au travail sans que cela ne vous nuise ? Pour simplifier, il existe deux configurations :

  • vous êtes en colère contre une personne au travail
  • une personne de votre travail est en colère contre vous

Vous êtes en colère contre une personne au travail

Si vous êtes en colère contre une personne de votre entreprise ou de votre service par exemple, l’idéal est d’exprimer auprès de cette personne votre ressenti. Mais attention, cela demande de faire preuve d’intelligence émotionnelle. En effet, votre colère doit être « mise de côté » pour ouvrir un dialogue sans quoi la personne ressentira votre colère, pourra la percevoir comme une forme d’agression et dès lors cela pourrait faire empirer la situation.

Ouvrir un dialogue à propos de votre colère sur une situation implique que vous ayez d’abord analysé et compris votre colère. Cet exercice est obligatoire pour vous aider à prendre du recul sur votre émotion négative. Cette prise de recul est indispensable car c’est elle qui vous permettra de formuler votre ressenti de la manière la plus juste et la plus factuelle. Vous améliorez ainsi largement les chances que votre interlocuteur(ice) entende votre message et veuille apaiser la situation.

Une critique doit être accompagnée de faits et de motifs en plus d’être correctement exprimée, sans quoi il s’agit plus d’une manière de se plaindre, qui n’est en aucun cas une attitude qui s’avèrera constructive. Une critique factuelle est utile car elle donne matière à faire évoluer les choses, alors qu’une critique sans faits réels (« je ne le(la) sens pas », « je ne le(la) supporte pas », « sa tête ne me revient pas ») risque simplement d’aggraver la situation et devrait plutôt vous renvoyer à vos propres frustrations.

Une personne de votre travail est en colère contre vous

Dans le cas où vous subissez la colère d’un(e) tiers(e), la situation est tout aussi délicate puisqu’il s’agit d’ouvrir un dialogue pour apaiser la situation. Mais ouvrir un dialogue avec une personne qui est en colère contre soi n’est pas une chose évidente car cela demande de parfaitement gérer ses émotions.

En effet, en souhaitant ouvrir un dialogue il faut être en mesure d’accepter les reproches ou la critique et de mettre son égo de côté. Pourtant c’est aussi le meilleur moyen de résoudre le problème tout en constituant des liens de confiance et de sérénité pour l’avenir. Deux gages de bien-être en entreprise.

Si vous ne vous pensez pas apte à recevoir des critiques, alors dans ces cas, l’idéal est de laisser du temps avant d’entamer un dialogue. Laisser du temps et faire un travail pour prendre du recul avec la situation est parfois le meilleur moyen pour que les émotions s’apaisent naturellement dans un premier temps, pour laisser ensuite la place à un dialogue constructif.

Dans un cas comme dans l’autre, méfiez vous des personnes qui se mêlent à la situation de conflit car cela génère un effet de mauvaise circulation d’information qui à terme aggrave également le problème. Si un(e) collègue de travail est une oreille attentive et vous conseille c’est une bonne chose car cela vous aidera à exprimer les émotions négatives. Mais si ce(tte) collègue se mêle activement du conflit (en allant parler de votre problème à d’autres collègues ou pire encore à votre place au (à la) collègue concerné(e)), l’issue ne sera toujours que plus problématique.

Dans un conflit où la colère est ressentie, seuls les protagonistes peuvent apaiser la situation, ceux et celles qui s’en mêlent finissent malheureusement bien souvent par jeter « de l’huile sur le feu », même si ce n’est pas leur intention de départ.

Comment gérer la colère au travail lorsqu’on est face à un mur ?

Malheureusement, dans un cas comme dans l’autre, il est possible aussi que la personne ne souhaite pas entamer un dialogue ou ne veuille tout simplement pas arranger les choses ou écouter votre ressenti, vos critiques constructives.

Certaines personnes s’épanouissent dans les rapports de force car elles ont des problèmes liés à leur égo ou à leurs blessures émotionnelles, ce qui les rend incapables de dialoguer, recevoir la critique, se remettre en question.

Dès lors, que vous ressentiez la colère ou qu’on vous en fasse ressentir, si vous avez tenté d’améliorer la situation mais que rien ne semble faire évoluer les choses vers le mieux, alors ignorez tout simplement cette personne. Ignorer ne signifie pas mépriser, c’est simplement accepter qu’il y a des personnes qui ont des fonctionnements toxiques pour eux-mêmes et les autres, et c’est d’un suivi psychologique qu’elles ont besoin.

Concentrez vous sur vous et votre bien-être, devenez un(e) spécialiste de vos émotions pour parvenir à faire face en toutes circonstances aux agressions extérieures et apprendre à vous protéger des personnes toxiques pour vous. Dans toute les situations où la colère s’en mêle, la solution ne vient jamais des autres, elle vient surtout de soi-même.

Comment gérer la colère en couple ?

Pour savoir comment gérer la colère en couple, il faut se référer au premier volet de notre article sur comment gérer la colère. Dans cet article on vous donnait les « mauvaises réponses » face à la colère, celles qui indiquent que quelque chose doit changer pour votre bien-être. Vous les retrouvez dans l’image ci-dessous.

Si vous ressentez de la colère face à votre conjoint(e), ou si votre conjoint(e) ressent de la colère contre vous, vous devez consulter cette liste pour savoir s’il y a des mauvaises réactions à la colère que vous subissez ou faites subir.

Ce premier exercice vous aidera dans un premier à temps à observer les attitudes utiles des attitudes néfastes en matière de colère dans votre couple. Si vous ou votre conjoint(e) vous reconnaissez dans ce type de réaction, alors un soutien pour votre couple et individuel peut s’avérer prolifique pour retrouver un dialogue serein et une confiance constructive.

Exprimer la colère dans un couple est tout à fait normal. Si l’autre ou vous-même n’êtes pas en mesure d’entendre ou d’exprimer paisiblement les émotions, le dialogue ne peut pas s’instaurer et soyons clair, le dialogue sincère et honnête est la clé de la réussite du couple.

Si votre conjoint(e) refues d’entendre vos « revendications émotionnelles » lorsque celles-ci sont correctement exprimées, alors il y a aussi fort à parier que vous soyez en couple avec un(e) manipulateur(ice) affective. Pour mieux comprendre cette problématique, lisez sans attendre notre article 6 critères pour détecter un manipulateur ou une manipulatrice ou notre article sur la dépendance affective en couple.

Comment gérer la colère avec ses enfants ?

Voilà bien un cas de figue où l’on peut observer pourquoi la colère est utile et nécessaire : lorsque l’on est parent. La parentalité implique la colère car elle un signal qui indique que notre enfant ne prend pas la bonne direction pour sa sécurité et son bien-être.

Si votre enfant se met en danger, ment ou triche, vous aurez raison de ressentir la colère puisque ces attitudes ne sont pas celles qui amèneront votre enfant vers un développement épanouissant. Ne pas être en colère contre son enfant lorsqu’il (elle) n’est pas dans la bonne direction est clairement une erreur éducative.

Néanmoins, là encore et comme pour toutes les situations où la colère est présente, il faut veiller à avoir des réponses utiles et non pas néfastes. Les enfants sont plus sensibles que les adultes car ils ne sont en mesure de comprendre parfaitement ce qu’ils (elles) font ou ressentent. Ils (elles) sont aussi beaucoup plus sensibles à la critique, qui, si elle est mal formulée, peut avoir des effets dévastateurs pour l’estime d’eux-mêmes.

Le dialogue est la clé car c’est le meilleur moyen pour à la fois construire une relation de confiance et solide, tout en éduquant votre enfant à l’intelligence émotionnelle. L’éducation à l’intelligence émotionnelle devrait être obligatoire dans nos sociétés car c’est elle qui garantie le bon vivre ensemble.

Eduquer votre enfant en ce sens est idéal pour l’aider à évoluer paisiblement dans la vie et pour l’aider à comprendre la colère : celle qu’il (elle) peut vous faire ressentir lorsqu’il (elle) n’est pas sur la bonne trajectoire et celle qu’il (elle) peut ressentir à votre égard ou dans les situations problématiques de la vie qu’il (elle) rencontre.

Comment gérer la colère sociale ?

La colère sociale est peut-être la colère la plus difficile à gérer car ce n’est généralement pas une colère ressentie envers un individu mais plutôt envers des modes de fonctionnement sociétaux. Contrairement aux autres circonstances où la colère peut être ressentie, la colère sociale ne peut pas se régler simplement avec le dialogue.

Elle fait partie des leviers non actionnables car même si une situation nous révolte, il est impossible de changer un fonctionnement social seul(e). Cette caractéristique amène bien souvent ce type de colère à nourrir d’autres émotions négatives comme l’impuissance, la peur, l’oppression, qui à leur tour ne font que faire grandir toujours plus l’émotion de colère.

La colère dans un contexte social ou sociétal demande donc d’avoir de grandes compétences en intelligence émotionnelle pour parvenir à prendre du recul sur ses émotions et choisir les actions à mener pour arriver à apaiser ce sentiment négatif.

De nombreuses actions peuvent être néanmoins réalisées pour atténuer les sentiments d’oppression ou d’impuissance inhérents à ce type de colère. Vous pouvez par exemple décider de vous engager dans une association dont les actions constituent une réponse aux éléments sociaux à l’origine de votre ressenti de colère. Vous pouvez aussi décider de créer vous-même une structure ou une association qui vous permette de défendre une cause qui vous semble juste et vis-à-vis desquelles vous ressentez une injustice sociale.

Comment gérer la colère, on résume avec vous

La colère doit être acceptée et exprimée. Que l’on ressente de la colère ou qu’on la subisse de la part d’une personne, nier la colère est probablement la pire des choses à faire. Entendre sa colère ou celle d’autrui et la traduire de manière factuelle, c’est-à-dire en analysant les causes de la colère et les conséquences des réactions de chacun(e), est le meilleur moyen pour s’apaiser et désamorcer les situations conflictuelles.

Parfois il peut arriver que cette émotion soit trop intense, répétitive ou que malgré des efforts on ne parvienne pas à gérer la colère. Dans ces cas, la médiation est l’activité qu’il vous faut : elle agit sur nos mécanismes émotionnels et physiologiques pour nous aider à réagir de la façon dont on le souhaiterait. Pour ceux et celles en difficulté face à cette émotion, c’est une méthode douce et naturelle pour parvenir à faire évoluer ses schémas de fonctionnements émotionnels sans que cela ne se transforme en carcan.